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Épisode 2 : comme un parfum du sud

Posted by on 8 août 2017

En attendant le sud, nous voici à Grenoble, attablés à 13h15 en terrasse de la brasserie Les Archers, dans le centre ville.

Petite note à l’attention d’un de nos fidèles lecteurs qui a cru bon, en référence à PetitLait, nous baptiser Beaufort et Tomme. On préférerait Tomme et Munster, eu égard à nos origines respectives, mais d’un autre côté la tomme est recouverte d’une croûte épaisse à l’odeur âcre dans laquelle on trouve parfois des asticots, et le munster sent les pieds. C’est pourquoi nous nous en tiendrons là et continuerons le présent article comme si de rien n’était.

Les Archers, donc, c’est une adresse où j’allais souvent quand j’habitais ici, je n’ai jamais été déçu, ni les gens qui venaient avec moi d’ailleurs. Mirabelle commande un rognon de veau cuit dans sa graisse, accompagné de légumes et de gratin dauphinois, quant à moi un pavé de saumon en croûte de gros sel. C’est toujours aussi bon. Enfin je ne vous parle pas du rognon, je n’ai pas été tenté de goûter.

Miam, du rognon

Au moment où la serveuse vient débarrasser les assiettes — vidées, elle se montre impressionnée : d’après elle, même les messieurs ne parviennent pas à terminer le rognon.

Ça me rappelle une anecdote, racontée par Guillaume Prébois dans un de ses livres, à propos du coureur italien Fabio Biasolo. Au début des années 2000, ce dernier est en Californie pour préparer la RAAM, une course cycliste non-stop entre la côte ouest et et la côte est des Etats-Unis. Il débarque dans un restaurant de San Diego, commande le plat le plus copieux et le mange en entier. Le patron arrive et lui dit « félicitations, vous êtes le premier client non américain à finir ce plat. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ? ». Et Fabio de répondre « Remettez-m’en donc un autre ! », avant de terminer son second plat sous les yeux effarés du personnel de l’établissement. Eh oui, un vélo ça n’avance pas tout seul.

Mais qui voilà

En dessert on se prend une tarte au citron meringuée. J’avais gardé un assez bon souvenir des desserts ici ; mais c’était avant que je me mette à la pâtisserie. Et la tarte est devenue pas terrible. C’est vraiment la dernière fois qu’on commande ce type de dessert dans un restaurant. La prochaine fois qu’on veut de la tarte au citron meringuée, on la fera nous-même, ou alors on la commandera à ma sœur, c’est elle qui m’a donné la recette.

Redépart, une pause pharmacie et à la Porte de France, on attaque la piste qui longe l’autoroute. Notre avancée est rythmée par les noms de villes qui se succèdent dans la vallée, St Egrève, Veurey, Voreppe. Après Voreppe la vallée s’ouvre d’un seul coup : c’est la fin des Alpes. Il reste le Vercors sur notre gauche, mais devant nous et à droite, ce sont de petites collines qui annoncent la vallée du Rhône et les contreforts du Massif Central.

Barrage vers St Egrève

De plus en plus, on voit des noyers : la noix de Grenoble AOC. La piste s’écoule tranquillement le long de l’Isère. On fait une petite pause pour se soulager les jambes et manger un bout de pain d’épice accompagné de thé à la vanille.

Bison futé le dit : toutes les 2h, une pause

Qu’est-ce que c’est que ces arbres à la noix ?

À St-Gervais, c’est la fin de la piste. On va rejoindre Vinay, village voisin où nous attend Christelle, dans sa chambre d’hôte. Sur ses conseils on s’arrête au Super U de la ville pour acheter de quoi manger ce soir. C’est moi qui m’y colle, ça tombe bien j’adore Super U. Je reviens avec du taboulé, des fruits, des tomates et un smoothie.

Trouver la maison de Christelle est facile ; y aller à vélo, beaucoup moins. Ça grimpe fort pendant assez longtemps, et comme nous avons déjà fait plus de 80km aujourd’hui, ces derniers kilomètres nous achèvent. À l’arrivée le compteur indique 90,07km (cumulé 174,68) en 5h06 (cumulé 9h31) avec un dénivelé de 586m (cumulé 909m).

Christelle est super gentille et on discute facilement avec elle. Sa chambre d’hôte est très belle et dans un coin très calme. Le soir elle s’attable avec nous pour manger. Elle a repris ses études pour devenir naturopathe et nous en parle longuement.

Devant la maison, il y a une plantation de bambous : les canes de bambous étaient autrefois utilisées pour faire tomber les noix des arbres (aujourd’hui ce sont des machines qui font le boulot). En parlant de bambous, elle nous informe que des pandas jumeaux sont nés au zoo de Beauval et que Brigitte Macron est la marraine du seul des deux qui a survécu. En ce creux estival de l’actualité, Christelle dit que les deux sujets du moment sont la naissance des pandas et le transfert du brésilien Neymar pour plus de 200 millions d’euros.

200 millions d’euros : délirant. Et encore, imaginez ce que ça aurait été si Neymar avait été un bon joueur (ben oui, le Brésil a quand même perdu 7-1 contre l’Allemagne à la dernière coupe du monde).

Bref. Dans la soirée on fait aussi un Skype avec PetitLait, on est rassurés il n’a pas oublié notre existence. Mirabelle bosse un peu sa batterie.

Rudiments

La nuit est excellente : super lit, silence royal. Nous sommes debouts vers 7h, un peu de rangement (qu’est-ce que ça va vite sans PetitLait) et on descend manger.

Christelle nous a préparé un petit déjeuner pantagruélique avec des gâteaux qu’elle a cuits hier soir.

Qu’est-ce qu’on va se mettre

Ses confitures sont maison, son pain est délicieux. On n’a plus trop envie de partir. Une photo souvenir à trois, une photo du chat, un réglage du vélo et c’est parti.

Chat en pleine activité

De retour au village, un gentil monsieur nous indique comment rejoindre la véloroute : le tronçon qui nous intéresse a ouvert il y a 2 mois et n’apparaît pas sur notre carte. On le trouve facilement et c’est très bien indiqué.

La vallée s’élargit davantage, il y a de plus en plus de champs. Le Vercors s’éloigne. Je découvre complètement la région, alors que je suis souvent passé par l’autoroute toute proche, pour aller vers le sud. Ça c’est vraiment le bon côté du voyage à vélo : on va suffisamment vite pour couvrir une bonne distance chaque jour, et assez lentement pour voir le paysage se transformer sous nos yeux.

Mais l’heure avance et il est temps de trouver pitance. C’est un peu compliqué, comme nous dit un monsieur auprès duquel nous nous renseignons : dans beaucoup de petits villages, les commerces sont fermés. À St Hilaire du Rosier, une petite supérette nous fournit du pain, une quiche et un morceau de brioche.

Encore des noyers

Puis nous prenons le pont entre St Hilaire (Isère) et St Nazaire en Royans (Drôme), et là le paysage change du tout au tout. On commence à traverser des champs brûlés par le soleil et bordés d’arbres balayés par le vent que les montagnes sont trop basses pour arrêter. On entend les cigales.

Du Sorgho, d’après Yannickipedia

Des tomates, d’après nos yeux

Sur la piste, on voit de temps à autre — parfois il nous double, parfois il est arrêté sur le bas-côté — un cycliste dont tout semble sortir des années 80 : son vélo, avec les vitesses sur le cadre ; sa veste, ample et bariolée, mais aussi sa cadence de pédalage, affreusement basse. Si je pédalais comme ça j’aurais des jambes en bois à la fin de la journée.

À Eymeux, c’est la pause miam, à l’ombre de l’église.

Aire de pique-nique

En sortie de village, une succession de virages en épingle nous cueille à froid, c’est dur. Ça le serait plus avec la remorque, dont le petit occupant continue de nous manquer.

Pas l’Alpe d’Huez mais presque

Sur le bord de la piste nous retrouvons deux personnages bien connus, à hauteur du village de Cho7-sur-Isère.

Instant mâchouille

L’Isère et ce qui reste du Vercors entre Cho7-sur-Isère et Romans

Plus loin nous retraversons l’Isère et arrivons à Romans, encore une découverte, très jolie ville avec ses rues pavées. Nous envoyons des photos à PetitLait via le relais grand-maternel.

Maman+petit

Un camion de nettoyage !

Romans

Après avoir quitté la ville, nous faisons une petite pause à l’ombre sous le viaduc ferroviaire de Bourg-de-Péage. Et nous faisons des prouts sous les piles du viaduc, ça fait de l’écho, c’est rigolo. Heureusement que PetitLait n’est pas là parce que c’est un exemple déplorable. 

Viaduc ferroviaire

De nouveau sur la rive gauche de l’Isère, nous longeons des vergers : c’est de là que viennent vos pêches et vos abricots. Restent sur notre chemin, et en vrac, un barrage, la LGV qui va à Marseille et Pont de l’Isère, où nous retrouvons le Rhône.

LGV

Barrage de Châteauneuf-sur-Isère

C’est aussi le point le plus méridional de notre itinéraire. Depuis Grenoble nous voyions Valence et Tain l’Hermitage indiquées dans la même direction sur les panneaux ; à Pont de l’Isère, il faut choisir.

C’est le début de la prochaine partie de notre périple : la remontée du Rhône.

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One Response to Épisode 2 : comme un parfum du sud

  1. Serge

    Ce road trip est vraiment époustouflant !

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