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Épisode 3 : merci pour le chocolat

Posted by on 9 août 2017

Nous revoilà à Pont de l’Isère. L’Isère se termine : on commence à remonter le Rhône, dans un premier temps pour aller à Lyon, en suivant la ViaRhôna.

ViaRhôna est une piste qui relie Genève à la mer méditerrannée en suivant le Rhône, mais certains passages sont inexistants, aux dires même du site internet. En plus sur ma carte elle est estampillée EV17, le même numéro que la soit-disant véloroute qui longeait le lac Léman sur sa rive française il y a deux ans : j’ai donc quelques appréhensions.

Pour l’heure, seules quelques kilomètres ne sont pas goudronnés, mais il s’agit de gravier fin et ça passe parfaitement. On n’avance pas non plus très vite car le vent du nord souffle.

Après une petite dizaine de kilomètres, c’est Tain l’Hermitage (Drôme) d’un côté et de l’autre Tournon sur Rhône (Ardèche). À Tain il y a ValRhôna, le meilleur chocolat du monde, et la Cité du chocolat, qu’on peut visiter ; Mirabelle m’informe que ça ouvre à 9h le matin, c’est donc faisable.

Tournon-sur-Rhône

Pour aller du côté de Tournon, on emprunte une passerelle cyclistes/piétons, dotée d’un système de barrière d’une bêtise sans nom. Un simple vélo passe, mais un vélo chargé ? Un vélo couché ? Une remorque ? Ici c’est pourtant un itinéraire cycliste longue distance.

Barrière cycliste conçue par des psychopathes sadiques et nourrissant une haine irrationnelle du vélo

Un bateau de croisière s’apprête à larguer les amarres. Mystère, son port d’attache est Bâle : comment est-il passé du Rhin au Rhône ?

Bateau qui traverse les Alpes par effet tunnel ?

À l’arrivée, le compteur nous dit 84,25km (cumulé 258,93) en 4h40 (cumulé 14h11), avec un dénivelé de 435m (cumulé 1344m). Et on fait connaissance de Carole et Julien.

Carole travaille dans l’agriculture bio et Julien sur des chantiers de travaux publics, pour lesquels il pose des grillages et barrières de sécurité. Ils sont très sympas et on discute longuement avec eux. Ce qui est amusant c’est que Carole est originaire de Longwy : elle connaît bien la région de Mirabelle. Julien a travaillé sur le chantier de la RN90 à Moûtiers et me parle donc de Montgalgan. Après une douche, un peu de lessive et être allée (c’est Mirabelle qui s’y colle) acheter du pain pour demain matin, nous allons dîner (BE: souper), la terrasse d’une pizzeria fait l’affaire.

En attendant nos plats, je regarde ce que les gens mangent : certains ont dans leur assiette un gros hamburger accompagné d’une portion conséquente de frites, puis j’entends la serveuse leur parler de tiramisu. Nous, nous faisons entre 4 et 5h de vélo chaque jour, chargés comme des mules, et une pizza nous suffit. Je me dis qu’il y a un problème quelque part.

En rentrant Carole nous fait goûter de délicieux sorbets artisanaux à la framboise et à la myrtille. Elle et Julien ont préparé leurs affaires, ils partent à Longwy le lendemain matin. Nous partirons plus tard mais laisserons la clef dans la boîte aux lettres.

Le lendemain, Carole et Julien partent après la photo souvenir, et nous nous dirigeons vers la cité du chocolat. Au cours de la visite nous pouvons déguster des échantillons, y compris des grands crus. Celui au lait est très bon, avec des arômes intéressants, mais le sucre écrase tout. Les échantillons de chocolat noir (Alpaco et Manjari) sont bien plus intéressants, surtout quand on prend le temps de faire attention aux saveurs et aux arômes. Des vidéos montrent le processus d’élaboration du chocolat, depuis la récolte jusqu’à la fabrication finale.

Miam 1

Miam 2

À la fin de la visite, on a les papilles un peu saturées et nous quittons la boutique sans chocolats ni regrets. De toute façon on ne peut pas se permettre de ramener du chocolat.

11h, on repart acheter de quoi déjeuner (BE: dîner) puis chercher nos affaires et on reprend la route, enfin la piste. Celle-ci suit bien le Rhône et nous offre un paysage paisible.

Selfie de casque+épaule sur fond de ViaRhôna

Vers St-Vallier, on s’arrête pour offrir à un groupe de vététiste de les prendre en photo, ils acceptent avec plaisir. Mirabelle leur fait prendre la pose et lance « allez, maintenant un mot pour sourire : testicule ! » Hilares, ils auront une belle photo à ramener.

St-Vallier

Un peu plus loin c’est le village d’Andance. À mon avis c’est ici que Stromae a écrit sa chanson « alors Andance ».

Andance

Peu avant St Rambert d’Albon, on se met sur un banc à l’ombre pour le pique-nique : sandwich tomme/blanc de poulet.

Banc de pique-nique

Trafic lacustre vu du banc de pique-nique

Sur le banc voisin se trouve un jeune homme qui circule lui aussi à vélo, avec un sac posé en équilibre précaire sur son porte-bagages, mais surtout un chien. On lui propose la peau du poulet pour son chien, et les croûtes de fromage y passent aussi. Puis il s’en va et lance au chien « allez, viens maintenant, Gros sac ! ».

Je n’ai pas de chien mais je trouve ce nom un peu étrange.

À la sortie de St Rambert d’Albon, nous longeons une scierie qui fait de gros pieux en bois. Comme ils sont marqués avec des couleurs, on dirait des crayons géants.

Crayons de couleur géants

Puis c’est Le Péage-de-Roussillon, avec un seuil sur le Rhône (c’est comme une marche d’escalier, pour casser le débit et éviter les crues) et Condrieu, où nous faisons une pause en profitant d’une fontaine d’eau fraîche. C’est tranquille : le plus bruyant à cet endroit-là, c’est un canard qui s’ébroue dans l’eau.

Seuil du Péage-de-Roussillon

Canard de Condrieu

Pause de Condrieu

Après Condrieu nous traversons la réserve de l’île du Beurre, une piste tranquille serpente à travers une forêt calme, mais aussi des barrières qui une fois de plus nous en font bien baver.

Encore un coup du psychopathe !

Puis c’est Vienne, et de nouveau une passerelle pour traverser le Rhône ; enfin nous arrivons chez Christine. Bilan, 72,67km (cumulé 331,60) en 3h53 (cumulé 18h04) avec un dénivelé de 156m (cumulé 1500).

Péniche juste avant Vienne

Christine nous accueille royalement et nous gave de délicieux jus de fruits artisanaux. Pendant ce temps, son petit-fils Paul, 8 ans, fait du vélo dans le jardin. Elle nous montre la chambre et la salle de bain. Le style est un peu suranné chez elle mais c’est accueillant.

Après la douche, Christine se propose de nous emmener en voiture dans le centre-ville : elle aime bien Vienne et tient à nous montrer un minimum le coin. Elle nous conduit à La Chapelle Notre-Dame du Pipet, qui surplombe la ville. Paul trimballe fièrement une paire de jumelles qu’il consent à nous prêter quand on est devant la chapelle.

À nos pieds il y a le théâtre antique, où ont lieu les concerts du festival de jazz, et un odéon qui date également de l’époque gallo-romaine. De l’autre côté du Rhône, c’est le département de la Loire. Il y a le musée gallo-romain.

Vienne

Christine nous laisse au centre ville et nous avons alors beaucoup de mal à trouver un restaurant ouvert. Nous nous rabattons sur une pizzeria au bord de la RN7. Les pizzas sont salées et un peu trop cuites, mais elles nous remplissent l’estomac, c’est ce qu’on voulait.

Le jardin de Christine

Le lendemain matin vers 4h, un orage me réveille, puis à 7h30, c’est le réveil. Mirabelle, imperturbable, dort jusqu’à 8h30, l’heure qu’on avait donnée à Christine pour le petit déjeuner (BE: déjeuner). Nous avons du thé, de la baguette, du pain viennois et du St-Genix qui sortent à peine de la boulangerie : gâtés nous sommes.

Dehors la pluie ne faiblit pas et nous décidons de rester une partie de la matinée, de toute façon il n’y a plus que 35km pour arriver à Lyon. Pendant que nous sommes dans la chambre à lire et à écrire, Christine et Paul s’affairent dans la cuisine : ils ont l’air de préparer un gâteau.

Vers 11h, le ciel commence à se dégager pour de bon : nous commençons à préparer les affaires. Christine nous dit de rester encore un peu : des fondants au chocolat seront prêts dans dix minutes.

Les gâteaux sont délicieux et sont l’œuvre de Paul avec un peu d’aide. Je trouve très chouette de transmettre des recettes et de la confection de gâteaux aux petits-enfants. Ça n’a pas de prix.

Nous finissons par une photo souvenir et reprenons le chemin de Lyon. Juste avant la passerelle, un bateau de croisère est amarré un autre bateau dont le port d’attache est Bâle : cette fois-ci, j’en aurai le cœur net. J’alpague une chemise blanche avec des galons et je lui pose la question : comment vous faites ? Réponse : par voie de mer, à Rotterdam le bateau va dans un autre bateau plus grand et est ainsi transporté jusqu’à Fos-sur-Mer, d’où il remonte le Rhône.

Sortie de Vienne

Après la passerelle, nous quittons rapidement la ville, mais on sent qu’on se rapproche de Lyon : les villages que nous traversons sont de plus en plus rapprochés.  À l’entrée de Givors un Lidl nous fournit matière pour le déjeuner (ça va les Belges, vous suivez ?).

Photo prise en pensant à PetitLait : il adore DHL

Dans Givors la signalisation ViaRhôna disparaît, on traverse une passerelle pour rien, on galère à passer une barrière, puis à la sortie de la ville nous croisons deux cyclistes qui viennent visiblement de Lyon. Ils nous disent qu’effectivement entre Lyon et Givors il n’y a aucun panneau, que c’est facile même s’il faut faire attention au trafic car il n’y a que des bandes cyclables, et encore de façon intermittente. Ils sont américains, de Seattle, et vont à Avignon. Pourtant ils sont âgés, ils ont l’air d’avoir 75 ans ; mais ils sont bien équipés. Quand je serai vieux, je voudrais être comme eux.

Passerelle de Givors

Passerelle de Givors

La suite ressemble à ce qu’ils ont dit, heureusement sans trop de voitures. Le Rhône devient moins visible. À Vernaison il pleut, on s’abrite sous le porche d’une maison pour manger notre pain au noix de Lidl avec du jambon et du St-Paulin.

À partir de là, les villages se touchent, on aperçoit la raffinerie de Feyzin sur l’autre rive. Puis c’est Pierre Bénite, le pont de la Mulatière, face au musée des Confluences, et une route le long de la Saône. Petite journée aujourd’hui : 39,26km (cumulé 370,86) en 2h23 (cumulé 20h27) avec un dénivelé de 177m (cumulé 1677m). Un thé salue notre arrivée dans la capitale des Gaules.

Débarquement à Lyon

Thé de bienvenue, servi par un serveur savoyard

À 16h30 nous avons rendez-vous avec Marie, dans le quartier de l’Hôtel de Ville. C’est un studio minuscule mais ça ira bien pour les deux jours passés ici. Un peu de lecture et d’écriture, une douche et nous sortons manger. Sur la place de l’Hôtel de Ville un restaurant sert  des nababs : des naans (pain indien) préparés comme des kebabs. On se rabat sur une salade.

Le lendemain c’est jour de pause. On va prendre le petit déjeuner (Renaud, mon ami, à ce stade de l’article, je réalise que tu es probablement le seul Belge de nos lecteurs. Comme on voit la France depuis ton jardin, je vais arrêter avec les sous-titres) dans un salon de thé.

Petit dej

On se promène au bord du Rhône, on découvre le Hard Rock Café de Lyon, et on rachète un cuissard pour Mirabelle. Pour midi on demande à nos amis François et Adrien un conseil de restaurant rue Mercière, là où se trouvent les bouchons lyonnais ; mais comme on est pas dans le trip tripes, on choisit une péniche sur le Rhône.

Hard Rock Café : Slayer

Hard Rock Café : Green Day

Hard Rock Café : prête pour le concert !

En fin de journée, on va voir Didier Nathan, un humoriste qui joue son spectacle juste en bas de là où on crèche.

À ce qu’il paraît, toucher l’artiste ça porte bonheur !

Bon. Le jour de pause c’était sympa, mais la ville nous pèse un peu, finalement. On préfère la nature.

Vivement demain.

Vivement le prochain épisode.

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One Response to Épisode 3 : merci pour le chocolat

  1. Julia

    Les grands parents vous avez lu le message caché pour vous : apprendre à petit-Lait à faire des gâteaux ??!!
    Bises et a bientôt !!

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