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Épisode 4 : il pleut il pleut bergère

Posted by on 10 août 2017

Suite à ma remarque, dans l’article précédent, d’une mamie faisant de la cuisine avec un petit-fils, une commentatrice régulière a cru déceler un message caché dans mon propos : une incitation, à l’attention des grands-parents, à apprendre à PetitLait à faire des gâteaux.

Je n’avais pas ça en tête, mais effectivement, si PetitLait apprenait à faire le cheesecake de son grand-père (celui aux fruits rouges, là), on serait assez d’accord. Ceci étant, je devine que ladite commentatrice ne verrait pas d’un mauvais œil ses enfants faire les gâteaux de leur grand-mère, voire, soyons fous, cuisiner le fameux cabillaud au Gouda de leur grand-père. Allez les grands-parents, au boulot !

Mais reprenons notre récit. Petit déjeuner dans le minuscule studio, on descend les affaires, le vélo, et c’est parti. Hier, en flânant sur les bords du Rhône, on a repéré la ViaRhôna : on sait exactement où il faut aller. On passe devant l’Opéra de Lyon, c’est vraiment un beau bâtiment.

Opéra de Lyon

Sur la piste qui nous permet de sortir de Lyon, on longe le fleuve en permanence, du coup on passe sous des autoroutes, des ponts ferroviaires, sans trop savoir où on est exactement. Un type arrive à notre niveau et lance « allez les champions ! », il demande où on va et nous dit qu’on est courageux, qu’on fait une belle randonnée sur un beau vélo. Lui va au lac de Miribel cueillir des mûres, puis il rentrera chez lui pour manger de la glace.

Lac de Miribel

Le Grand Large

Vers Jonage on retrouve un barrage, la piste abandonne le bitume pour de gravier fin, et on commence à entendre le bruit des avions qui décollent de l’aéroport St-Exupéry. Puis on quitte les bords du Rhône pour la campagne, et les panneaux ViaRhôna se font de plus en plus rares. Ça nous oblige à naviguer un peu à vue, en se basant tantôt sur la carte papier, tantôt sur la trace GPS que j’ai faite avant le départ, tantôt sur un panneau rencontré au hasard.

Avion

Vers Villette d’Anthon, une route sur la carte nous permet en théorie d’éviter de la grosse départementale. En théorie seulement, puisque la route est en réalité un chemin complètement défoncé, sur lequel on pédale tant bien que mal. Ceci dit il passe par une forêt, on en profite pour y faire une pause bienvenue.

Ensuite c’est Pont-de-Chéruy, et comme mon cousin habite là-bas, on en profite pour aller lui rendre visite. Il est au boulot mais on mange avec sa femme et ses deux filles (la plus grande nous donne des compotes pomme-châtaigne). Puis mon cousin rentre : ayant commencé très tôt, il a fini sa journée. Avant de reprendre notre itinéraire, on passe par le centre commercial du coin pour se ravitailler. Deux kilomètres plus loin, on se rend compte, horreur, que l’appareil photo est resté sur la table de la salle à manger chez mon cousin. Sympa, ce dernier nous l’apporte en voiture.

Appareil photo et son chauffeur privé

Pour la suite, toujours aussi peu de panneaux, mais de plus en plus de chemins agricoles. Ça n’avance pas très vite et ce n’est pas très confortable. On commence à voir quelques collines avec des falaises, assez typiques de l’Ain avec des vallées un peu encaissées.

Bled paumé mais joli

Le dernier village avant d’arriver à La Balme-les-Grottes est Travers. On pourra dire qu’on arrive de travers, ah ah ah ! À La Balme on trouve facilement la chambre d’hôte, et c’est la fin de la journée. 71,63km (cumulé 442,49km) en 4h19 (cumulé 24h46), avec un dénivelé de 374m (cumulé 2051m).

La maison est gigantesque, c’est d’après Catherine, sa propriétaire, une ancienne maison du Dauphin du Roi de France, rien que ça. Comme d’habitude, douche, un peu de lecture — j’ai trouvé un volume des Pieds Nickelés — et un bout de lessive. Ensuite on descend pour manger le taboulé acheté à Pont-de-Chéruy, et on discute avec Catherine et son mari. Dans le jardin se promène un paon qui a élu domicile dans la cour il y a une quinzaine d’années. En ce moment, la saison des amours étant terminée, il a perdu tout ses plumes, sauf une. Ce qui lui donne un look un peu improbable.

Paon

Le lendemain, il pleut. Et fort. On se lève et on range les affaires, mais la pluie continue, et ça ne nous motive pas beaucoup. On descend prendre le petit déjeuner, il y a du thé, du pain, des croissants. Nantis de notre expérience de l’année dernière (viennoiserie=calories vides), on laisse les croissants de côté.

Puis on récupère de l’eau chaude pour notre thermos, on met nos vêtements de pluie et on s’apprête à prendre la route. Le mari de Catherine me demande si j’ai de bons essuie-glace sur le tandem. Quel rigolo celui-là.

Dans un premier temps on va à Lagnieu, cette fois par la départementale parce qu’on en a marre des chemins pourris. À partir de là on retrouve la vraie ViaRhôna, avec des panneaux et de la piste cyclable.

ViaRhôna vers Lagnieu

Il ne pleut plus, c’est ce qui était prévu, mais il fait encore assez frais. À Sault-Brenaz, on traverse une île qui sépare le fleuve en deux parties de niveaux différents (il y a des barrages en amont et en aval de l’île), du coup il y a un parcours de kayak sur l’île.

Kayak sur une île au milieu du Rhône

Ensuite, le Rhône s’élargit, c’est la base de loisirs de la Vallée Bleue, un petit port de plaisance.

La Vallée Bleue

Jusqu’à Morestel, c’est bien la cambrousse. On est parfois au milieu des champs sans aucun village en vue ; pour autant, entre les intersections avec les petites routes, on a de la bonne piste et de bonnes indications. À proximité de l’aérodrome de Morestel, on tombe sur une céréale inconnue au bataillon. Une recherche sur Yannickipédia s’avère infructueuse, mais la maman de Mirabelle finit par identifier le plant comme du millet.

Millet

Dans certains champs de maïs, les plants ont la tête coupée. Mirabelle suppose que c’est pour favoriser la croissance de l’épi, mais elle n’en est pas sûre. La requête Yannickipédia ne donne malheureusement rien.

Terreur dans les champs de maïs

À Morestel on fait une halte à l’abri, sur les marches d’une salle des fêtes. À notre menu : sandwiches, thé et petites tartelettes au citron achetées hier à Pont-de-Cheruy. On repart vite, car il reste de la route et on attend de nouveau la pluie en fin d’après-midi.

À Brangues, quelques kilomètres plus loin, on apprend que Paul Claudel est enterré là. Pour quelle raison, mystère, et pas le temps de s’y attarder. En effet, un panneau à la sortie de Morestel indique Belley 49km. Même si on ne va pas tout à fait jusque là, et sachant qu’on a déjà dépassé les 40, on a encore une bonne tirée jusqu’au prochain lit…

Pont de Groslée

Le Rhône au pont de Groslée

La piste est toujours bonne, ce qui nous permet d’avancer assez vite. On décide d’une pause près d’une base de loisirs, vers St-Genix sur Guiers. Tout est fermé : on se contente d’un pain d’épice sorti de la sacoche. Et on se prend aussi une bonne rincée : un déluge s’abat sur les lieux ; heureusement, on est à l’abri mais tout autour de nous est complètement trempé.

Mousson

Quand la pluie commence à se calmer, on renfourche notre monture et on redémarre. Alors que nous ne sommes pas encore arrivés, et qu’il nous reste encore deux jours de vélo, un signe nous montre qu’on se rapproche de la fin du voyage.

Home Sweet Home

Sur la fin, on longe une haute falaise qui surplombe le Rhône ; la piste est excellente, mais la pluie a refait son apparition. Elle pousse notre matos à ses limites : les chaussettes étanches abdiquent et se transforment en éponges (c’est surtout dû à l’eau qui ruisselle sur les jambes). Petit à petit, on se rapproche de La Balme, près de Yenne, où le fleuve coule dans un défilé très étroit. Il n’y a plus de piste à cet endroit, on doit partager la route avec un trafic assez dense et aussi avec la pluie, qui ne daigne pas faiblir. Enfin on retraverse le Rhône une dernière fois, à Brens, et il nous reste quatre kilomètres jusqu’à Peyrieu, chez Fabienne. Bilan de la journée, 94,26km (cumulé 536,75km) en 4h52 (cumulé 29h38) avec un dénivelé de 329m (cumulé 2380m).

Elle nous accueille avec sa fille et nous sert des boissons chaudes, et nous raconte son voyage récent à Amsterdam. Sa maison est très chouette et on a un étage pour nous tous seuls ! Et il y a une bibliothèque avec plein de BD !

Mirabelle va donc à la douche (on a préalablement mis nos guenilles à sécher, et bourré nos chaussures et chaussettes de papier journal) pendant que je me plonge dans les deux derniers volumes de Largo Winch. Puis c’est mon tour, et on descend manger. En entrée il y a… du taboulé ! Mais c’est Fabienne qui l’a fait et il est bien meilleur que celui du supermarché. Ensuite c’est tian de légumes et viande grillée.

Dehors la pluie s’est arrêtée, il y a un arc-en-ciel au-dessus de Yenne.

Arc en ciel

Glace à la framboise maison, tisane verveine du jardin, et on va se coucher. Je m’endors après avoir lu « Kenya » de Leo.

Le lendemain, les affaires sont sèches à l’exception des chaussures, encore un peu humides, et des gants, encore trempés car bêtement oubliés dans la poche de la veste. C’est malin. Le ciel est très chargé, mais Fabienne dit que ce n’est que du brouillard dû à l’humidité (la suite de la journée lui donnera raison). Elle nous sert le petit déjeuner, puis on descend les affaires et on charge le vélo.

Sur la terrasse, on profite de la photo souvenir pour visiter son jardin, il y a un mûrier énorme et des framboises en pagaille, des rouges mais aussi des jaunes.

Et c’est le départ. Aujourd’hui, c’est le jour où on abandonne la ViaRhôna : on va longer le lac du Bourget en direction d’Aix-les-Bains et Chambéry. C’est qu’il s’agit de rentrer retrouver PetitLait ! On rejoint Brens, où on retrouve la piste cyclable. Dans les champs à cet endroit il y a des chevaux et ce qui ressemble à des préparatifs, ou le rangement, d’un concours d’équitation.

Aperçu de campagne anglaise dans l’Ain

Un peu plus loin c’est encore une base de loisirs.

Base de loisirs de Cho7-en-Bugey

Là encore, on se régale du paysage, on ne connaissait rien de la vallée du Rhône en amont de Lyon, mais c’est vraiment très très beau.

Rhône

Rhône

À Belley, on s’arrête faire des courses. Un panneau indique Genève à moins de 100km, deux jours plus tôt à Miribel on voyait le même panneau indiquer plus de 270km. C’est ça qui est chouette avec le voyage à vélo, on peut couvrir de longues distances, ce n’est qu’une question de jours.

Mais je dois dire qu’on voit aussi d’autres panneaux.

Direction Genève, vers un communisme radieux !

Puis on arrive au village de Chanaz. Mais c’est une autre histoire…

Chanaz

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One Response to Épisode 4 : il pleut il pleut bergère

  1. Julia

    Si les grands-parents sont bien des lecteurs assidus de ce blog (ce dont je ne doute pas !), on va bientôt tous se régaler de bons desserts !!!
    Bonne fin de périple à vous !

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