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Épisode 5 : qui boit la Mondeuse, benne la dameuse

Posted by on 15 août 2017

Nous revoilà à Chanaz pour l’ultime épisode de notre voyage. Mais avant toute chose, petite mise à jour culinaire.

L’auteur du cabillaud au Gouda a inventé un nouveau plat, je vous le livre en exclusivité : il s’agit de polenta taragna avec une tartine de Fontine. La polenta taragna est une polente qui comporte du sarrasin ; la Fontine est un fromage italien.

Haute cuisine

N’empêche que ça a l’air super bon ! Alors il faut passer le flambeau aux petits !

Bref. À Chanaz nous achetons quelques bricoles, à manger, des cartes postales. Puis nous tournons, pour de bon, le dos à la ViaRhôna. Tout d’abord nous suivons une petite route le long du canal de Savière, qui relie le Rhône au lac du Bourget, et c’est très joli.

Canal de Savière

Canal de Savière

Et nous voilà en Chautagne, où l’on a la bonne idée de faire du vin.

Vignobles de Chautagne

Vignobles de Chautagne

À Chindrieux, nous récupérons la route qui longe le lac du Bourget. L’ennui c’est qu’il n’y a rien pour les vélos… Ah si, une pancarte qui indique « tour du lac du Bourget » avec un vélo dessiné dessus. C’est donc parti pour une douzaine de bornes dans ces conditions, mais au moins c’est compensé par le paysage.

Lac du Bourget

À notre gauche, la montagne ; à notre droite, la voie ferrée et le lac. Je me souviens que quand j’étais étudiant à Cergy, je prenais le train à Aix-les-Bains le dimanche après-midi. J’avais alors bien le temps de voir le lac par la fenêtre… avant d’arriver moins de quatre heures plus tard à Cergy. Le lac du Bourget est sauvage, peu exploité (je me garderai bien d’oser une comparaison avec le lac artificiel d’Annecy). Finalement, il n’y a pas tant de voitures que ça sur la route.

Un cycliste arrive à mon niveau : « vous l’avez déjà sans doute entendu, mais elle pédale pas, derrière ! ». Il nous explique qu’il a traversé l’Amérique du Sud en tandem, et il a entendu ça continuellement. On le retrouve un peu plus loin : il a crevé. Aucun outil, batterie du portable à plat. On lui prête juste un téléphone pour qu’il puisse appeler sa femme.

Après la baie de Grésine, on s’arrête au bord du lac, sur une plage en herbe, pour le pique-nique. On mange notre sandwich au queso manchego de chez Leader Price de Belley. C’est vraiment pas terrible et on jette ce qui reste à la poubelle, de toute façon on a acheté la tomme à Chanaz pour demain.

Plage vers Brison

Après le repas, on repart. La route le long du lac est terminée pour le moment, on traverse Aix-les-Bains jusqu’à reconnaître des lieux connus : le casino, le cinéma, la piscine. C’est par là qu’on passe quand on vient au festival Musilac.

À la sortie de la ville, on récupère une piste cyclable, qui, bonheur, est séparée de la chaussée des bagnoles, comme à la maison ! En plus on est vraiment au ras de l’eau. C’est toujours aussi beau.

Entre Aix-les-Bains et Chambéry

Bord du lac

À Viviers-du-Lac, on continue à suivre la rive, on passe juste devant l’aéroport de Chambéry, puis on croise la Leysse, qu’on remonte. La piste cyclable traverse le site de Savoie Technolac, j’étais venu suivre une formation Photoshop ici il y a quelques années dans les locaux de l’ESC. J’y avais vu des étudiants en costume Armani, ce qui m’avait permis de me faire une petite opinion sur cette école.

Un peu plus loin, on aperçoit le péage et et le début d’une zone commerciale. De notre côté, la piste est dans un coin un peu plus agréable, hormis une petite déviation parmi une zone semi-industrielle où se trouve — découverte — une usine de chocolat Cémoi. Puis on retrouve la Leysse.

Chambéry !

Enfin, on arrive à la gare (à Chambéry tout est proche de la gare) et devant le musée des beaux-arts. Dans le vieux centre ville, on se pose en terrasse de la pâtisserie Chanvillard. Mirabelle prend un délicieux gâteau aux fruits de la passion. Ensuite, je vais acheter du taboulé et des pêches pour ce soir au Monoprix qui se trouve en face.

On repart, direction La Ravoire, c’est là qu’on va dormir ce soir, chez Salima.

Des touristes à Chambé !

À l’arrivée, le compteur indique 73,75km (cumulé 612,48km) en 4h18 (cumulé 33h56) avec un dénivelé de 407m (cumulé 2787m). Il n’y a personne, on appelle Salima qui nous dit de nous installer sur la terrasse. Un chat nous regarde et vient chercher quelques gratouilles. Puis Salima arrive, elle explique qu’aujourd’hui elle est à Viviers-du-lac pour aider son frère à déménager. Elle nous montre la chambre, la salle de bains, les toilettes, la cuisine et le wifi : bref, les trucs essentiels. Elle nous propose de taper dans le frigo pour le repas de ce soir, il y a du poulet aux légumes et on peut se faire du riz : chouette, on va échapper au taboulé ! On va aussi se faire une salade avec les tomates du jardin. Puis elle repart à Viviers.

Après la douche, dans une salle de bains qui doit faire deux fois la superficie du studio de Lyon, on s’attaque au repas du soir. Mais le riz nécessite 45 minutes de cuisson : c’est du riz complet… Ce sera donc taboulé pour le troisième soir de suite, accompagné de poulet. Pendant ce temps, le chat réclame à manger. Après le repas, Salima revient avec ses enfants, son neveu et son mari Jean-Pierre. On discute un peu, puis Salima et Jean-Pierre préparent à manger. Il est 21h, on laisse la famille manger, on monte se coucher.

Le lendemain, dernier jour du voyage… Dernier réveil. Salima nous a préparé un super petit déjeuner avec du pain, des viennoiseries et du cake à la vanille qu’elle a cuit la veille. Puis on range toutes nos affaires, on récupère de l’eau chaude pour le thermos, mais aussi du cake de Salima et des tomates. Ce sera parfait pour le repas de midi.

Après la photo souvenir, nous voilà partis.

Vers Les Marches

On emprunte la piste cyclable qui longe l’autoroute, jusque vers Chignin. C’est amusant, je suis passé sur cette autoroute à d’innombrables occasions, en voyant la piste cyclable à chaque fois, et aujourd’hui je suis sur cette même piste.

À partir de Chignin il y a des vignes de partout. Oui, le Chignin est un vin AOC qui se boit, ô surprise, avec des plats comme la fondue ou la charcuterie savoyardes.

Vignes avec le Granier en haut à droite

au milieu des vignes

On navigue sur les petites routes qui serpentent sous les Bauges, entre les villages, au milieu des vignes.

Chignin

Chignin

Puis on traverse la ligne de chemin de fer et l’ancienne route nationale pour rejoindre Francin, et Montmélian. Montmélian, ville que beaucoup d’étudiants à Grenoble connaissent pour sa gare, disons-le, bien pourrie. Surtout quand il faut attendre parce que la correspondance est en retard. Ceci dit, le reste de Montmélian n’est pas si mal, il y a un joli centre ville et une belle vue sur les montagnes environnantes. Notamment La Savoyarde, qui surplombe Chignin, et appelée ainsi car sa forme rappelle la coiffe traditionnelle qu’on trouve en Savoie.

La Savoyarde

Ensuite c’est Arbin, où pousse le cépage de Mondeuse. À la vôtre !

Christ Rédempteur de Rio de Janeiraz, sur le Mont Corcovadoz

À partir d’Arbin, c’est la route en balcon des Bauges, le long de la Combe de Savoie. Pas de piste cyclable et beaucoup de dénivelé, mais une super vue sur la vallée et le Mont Blanc. Il y a aussi des domaines viticoles à chaque village, ça fait un peu route des vins.

Combe de Savoie et Mont Blanc

On passe sous le château de Miolans, où a été emprisonné le marquis de Sade, il avait encore dû écrire des cochonneries. À Grésy-sur-Isère, on se trouve un banc à l’ombre de l’église pour manger notre pain aux céréales de Monoprix avec notre reste de saucisson, notre tomme de Chanaz et les tomates de Salima.

Casse-croûte

On se méfie quand même, les abords de l’église semblent un peu dangereux.

Attention chutes de neige

Avec le thé on déguste le cake de Salima. La suite de la route est nettement moins douce, en sortie de Grésy on se fait surprendre par une pente longue et ardue ; mais c’est la dernière difficulté de la journée, ensuite ça grimpe beaucoup moins, et à partir de Frontenex, tout est plat. Puis c’est Tournon et Gilly-sur-Isère, et enfin la gare d’Albertville. On s’y arrête pour faire quelques vidéos de train pour PetitLait.

On repart par l’avenue de la gare, et, arrivés au pont du Mirantin, on reconnaît la piste sur la rive droite de l’Arly, qui file en direction de Grignon. C’est par là qu’on est passés le premier jour : la boucle est bouclée.

On retrouve alors la route vers Aigueblanche, pour la troisième fois (il y a deux ans lors de notre arrivée, et durant la première étape la semaine dernière) : c’est Tours-en-SavoieLa BâthieCevins et sa gare, Feissons-sur-Isère, la montée qui marque le début de l’ascension du col de la Madeleine, l’usine de Notre-Dame de Briançon, et enfin La Léchère.

Et l’arrivée au bercail, après une journée de 73,27km en 4h31, avec un dénivelé de 891m.

Tarentaise

Au final, notre voyage, c’est 685,75km38h27 passées sur la selle, et un dénivelé cumulé de 3678m.

C’est aussi de belles vacances, avec en creux la présence de PetitLait, qui n’a pas quitté nos pensées.

C’est aussi la découverte de nouveaux points de vue dans des lieux qu’on connaissait déjà. Et pour ma part, dans des endroits où je suis passé d’innombrables fois en voiture, le plus souvent sur une autoroute, et où je n’ai rien vu. Ce qui nous ramène à la citation de Marcel Proust, évoquée il y a deux ans : le vrai voyage, ce n’est pas de chercher de nouveaux paysages, mais un nouveau regard.

Ce sont aussi les personnes rencontrées dans des villages isolés lors des pauses, ou au hasard des pistes cyclables : chacune d’entre elles est une porte ouverte sur tout un monde à découvrir.

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5 Responses to Épisode 5 : qui boit la Mondeuse, benne la dameuse

  1. Serge BOUHANA

    Bravo pour ce périple sportif et à bientôt pour de nouvelles aventures…
    Et au fait, on n’a pas su : c’est vrai qu’elle pédale pas derrière ?
    Bises

  2. Flo

    Encore un beau périple! Bravo ! Et maintenant vous pouvez profiter de PetitLait.
    À bientôt

  3. Julia

    Certes ces 2 recettes ont l’air bonnes, à transmettre donc à la descendance. Mais pour le reste on va laisser faire la grand-mère !!! 🙂
    Bonnes retrouvailles avec petit-lait et a bientôt !!

  4. JL

    Hello,

    Même si le fil directeur de ce récit est essentiellement gastronomique, du sandwich de Lidl au riz complet virtuel, en passant par les recettes originales et succulentes (*) de certain lecteur, nous avons suivi avec un immense intérêt les évolutions trépidantes de Mirabelle et Génépi.

    Neanmoins et pour le coup, nos lendemains, au moment du petit déjeuner, vont être bien tristes et difficiles sans la lecture des épisodes tous plus époustouflants les uns que les autres .

    Nous proposons donc que la fete continue et que le delicieux fruit de l’Est (**) ainsi que la fleur sauvage de montagne remontent sur la bête et reprennent la route dès que possible pour notre plus grand plaisir (***) !

    JL, lecteur, artiste culinaire et cycliste assisté.

    (*) le lecteur remercie sincèrement l’équipe de rédaction pour l’incroyable et inattendue promotion de ses productions culinaires.
    (**) délicieux certainement mais efficace….., la question reste posée, n’est il pas, Serge????
    (***) des yeux et de l’estomac.

  5. McGuiness

    Quel voyage merveilleux! It est intéressant de passer lentement dans une région que on sait seulement par voiture. Je me demande si Petit Lait remarqué que vous étiez parti!
    Bises,
    Dan and Nancy à Montréal (pas á vélo)

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