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La cyclo du kangourou

Posted by on 9 juin 2019

Un article dans lequel on ne parle pas de l’Australie. Sauf pour dire que l’on ne parlera pas de l’Australie.

Vendredi 7 juin 2019, je ferme la porte de la maison et je file sur mon vélo, direction : la Belgique. Première des deux étapes d’un périple qui va me mener en France, dans le coin de Thionville, où vit la maman de Mirabelle.

Oui, pour changer de la voiture, je me suis dit que je ferai le trajet à vélo, en deux jours. J’ai prévu une pause en Belgique, vers Namur, où je serai rejoint par Mirabelle et PetitLait.

À vrai dire, j’avais déjà tenté le coup il y a deux ans, mais je m’étais grillé dans les Ardennes belges, et j’avais dû m’arrêter en chemin, les jambes percluses de crampes. Mirabelle était venue me chercher et j’avais traîné des courbatures pendant plusieurs jours. Cette fois, j’ai mieux soigné mon entraînement, et quelques ascensions dans les Alpes l’an dernier m’ont appris à gérer mon effort en montée.

Or donc. Départ 7h45, direction Rotterdam. Juste après Delft, je passe par un tunnel pour vélos, il est en travaux. Je crois me souvenir que c’était déjà le cas il y a deux ans. Mais je ne m’inquiète pas, c’est juste un bug de la Matrice.

À Rotterdam, sans que je ne lui aie rien demandé, une éolienne m’indique que je vais manger du vent pendant un bon moment, peut-être même jusqu’à la fin de la journée.

Mon gars, tu vas en baver

Je traverse le Brienoordbrug (c’est le gros pont blanc du ring de Rotterdam, qui surplombe la Meuse), puis c’est Dordrecht et les Moerdijkbruggen (là où passe le Thalys).

La Meuse à Rotterdam

Des fleurs dans une station-service

Au fond le pont ferroviaire du Thalys

Enfin je traverse la dernière grosse ville des Pays-Bas, bien connue des Grenoblois vu qu’elle se situe juste sous Pontcharra : Breda.

Le début du Grésivaudan, ou pas loin en tout cas

Après Breda, un peu de cambrousse et la Belgique se rapproche tout doucement : c’est Baarle-Nassau, la ville néerlandaise avec des confettis de Belgique dedans.

Baarle-Nassau

 

N’importe quelle piste cyclable à Baarle-Nassau

Ça doit être bien simple à gérer, tiens. En tout cas j’aurai passé un paquet de frontières aujourd’hui.

Ensuite c’est la Belgique, Turnhout et la campagne flamande. Pas très différent des Pays-Bas, bien que plus boisé. Les pistes cyclables néerlandaises sont aussi mieux pensées. Cependant je précise que le vent de face ne m’a toujours pas lâché, et que la pluie a fait son apparition.

À Tienen, je décide que j’ai besoin d’un peu de réconfort et je fais une pause dans une pâtisserie, ça fait du bien au moral.

Pâtisserie Michel, Hannuitsesteenweg 149, Tienen

(En écrivant cet article, je découvre que le nom français de Tienen est Tirlemont. Il en est question dans Tintin au pays des Soviets quand Tintin est dans le train pour rentrer à Bruxelles)

Restent un peu plus de quarante kilomètres. La météo s’améliore un peu mais le vent ne faiblit pas, d’autant que le relief est essentiellement constitué de plateaux avec des champs et peu d’arbres : parfait pour en prendre plein la figure, tout en en ayant, paradoxalement, plein le dos (et je reste poli).

Vent dans la tronche

À Eghezée, je suis accueilli comme un roi par Nadine et André, chez qui nous avons réservé en Airbnb. Je range mon vélo au garage, récupère un peu et fais quelques étirements. Comme Mirabelle ne sera pas là avant presque deux heures, je commande à manger et effectue une sieste bienvenue.

Peu avant 21h, Mirabelle arrive : enfin des fringues propres ! Je file à la douche, on mange, PetitLait va au lit et moi aussi.

Un chat à Eghezée

Le lendemain, il y a un vent qui me vrille le crâne et j’ai un mal de tête à décorner les bœufs. Ou le contraire. Nadine et André nous font un super petit déjeuner avec fruits, jus de fruits frais, omelettes (agrémentées de pétales de fleurs !), pain frais et brioche fraîche. On se régale et j’embarque deux grosses tranches de brioche pour la journée.

Mirabelle part direction chez sa maman, et moi aussi, à la réflexion, mais chacun de notre côté. Enfin on se comprend.

Bon. Autant être honnête, les quatre-vingt premiers kilomètres sont un vrai calvaire. Hier j’ai eu 220km de vent de face, je suis encore fatigué et il y a ce mal de tête qui ne veut pas partir. J’ai bien du mal à appuyer sur les pédales.

Je traverse la Meuse à Namêche et c’est ici que commencent les Ardennes. C’est une petite route dans la forêt et c’est très beau. Je croise aussi un ami qui m’encourage, moi qui croyait qu’il habitait à Berlin ! Ça fait rudement plaisir, merci à toi.

Merci Niko 🙂

Et toujours la migraine, qui ne s’arrange pas vraiment avec la qualité légendaire des routes belges.

Vue d’une route en Belgique

Je me force à manger régulièrement, mais rien n’y fait, je me fais doubler par un troupeau de tortues suivi d’une horde d’escargots. À ce stade, je ne me vois pas aller jusqu’au bout et je commence à me demander dans quelle ville je vais pouvoir m’arrêter. Ma vitesse moyenne chute de façon vertigineuse.

D’un autre côté, jeter l’éponge n’est pas une option : Mirabelle vient de m’envoyer un texto pour me dire qu’elle est occupée à manger des cookies chez sa maman et qu’elle n’a par conséquent pas du tout l’intention de venir me chercher.

Je continue donc à porter ma croix. À Ciney, je ne trouve rien à manger et c’est en arrivant à Rochefort que je trouve un sandwich (pas terrible) dans la supérette d’une station service.

Juste après Rochefort, il y a la montée vers St-Hubert. C’est une très belle route et je vous mets une photo d’il y a deux ans parce que c’est tout ce que j’ai.

Meilleure météo il y a deux ans

Alors, cette côte de St-Hubert. Autant il y a deux ans je m’étais grillé en la faisant, autant cette fois, bizarrement, c’est reposant. Le mal de crâne se dissipe, je commence à recharger les batteries. Au sommet de la côte, je sais que j’ai fait le plus dur, le reste est vallonné mais il n’y aura plus de grosse montée.

Au sommet de la côte de St-Hubert

À St-Hubert, un monsieur dans la rue voit le modèle de mon vélo (un Roubaix, c’est écrit en gros sur le cadre) et me demande si je fais Paris-Roubaix. Je lui dis que oui et m’enquiers du chemin à suivre. Pas de réponse, heureusement que j’ai une appli GPS sur mon téléphone.

Une dizaine de kilomètres plus loin, je passe par le village de Bercheux. C’est là que Mirabelle était venue me chercher il y a deux ans. Je suis alors heureux de constater que mes jambes et mon moral ont, à ce stade, encore une bonne marge, et à partir de là, je sais que j’arriverai au bout.

Vers Habay, je demande à une dame de remplir mes bidons. Elle me répond « u wilt water? », ce qui est inattendu dans cette partie de la Belgique. Elle est néerlandaise et vit dans la maison qui était auparavant une résidence de vacances. Elle a l’air contente de parler un peu néerlandais : dans ce coin de Belgique coincé entre le Luxembourg et la France, peu de gens parlent cette langue. Du coup on discute un moment de ses vacances en France, quand, plus jeune, elle partait avec son mari suivre le Tour de France. Des vacances typiques de néerlandais vous me direz, mais ça m’a fait plaisir de discuter avec elle.

À mesure que je m’approche de la frontière luxembourgeoise, les villages ressemblent de plus en plus à des dortoirs pour frontaliers. La traversée d’Arlon est un peu chaotique. Mais après, il n’y a plus de vent. Il aura fallu attendre 380km pour ça.

Et une poignée de kilomètres plus loin…

Changement de pays, là

Avant-dernier pays de mon voyage ! Pas le plus évident car le relief est très marqué. Je galère un peu pour trouver mon chemin, entre mon itinéraire qui veut me faire passer par des chemins forestiers, des travaux un peu partout et des routes pas vraiment adaptées aux vélos.

Station-service de Dudelange

Dernière pause ravitaillement à Dudelange, et la frontière avec la France est au détour d’une route. À Zoufftgen, premier bled français, je m’arrête chez Marie, une copine de promo, pour lui dire bonjour. Je ne m’attarde pas car il est tard et termine les 16km qui me séparent de l’arrivée.

L’autoroute des frontaliers

À Thionville, c’est kékéland, je circule entre les bagnoles dont les autoradios crachent des boum boum boum. Après une journée entière passée à la campagne et en plein air, les bruits de la ville ne sont pas les plus accueillants.

Dernière ligne droite dans une avenue déserte, et c’est fini.

434 kilomètres !

Avant d’aller au lit, une pâtisserie, quelques verres d’eau, une douche et une question : quel sera le prochain défi ?

De gros gros mercis à Mirabelle, PetitLait, mes parents et Floflo pour leurs encouragements 🙂

Bilan :

  • Jour 1 : La Haye-Eghezée
    • 219,75km
    • 814m de dénivelée positive
    • 23,4km/h de moyenne
  • Jour 2 : Eghezée-Yutz
    • 214,37km
    • 2804m de dénivelée positive
    • 19,5km/h de moyenne
  • l’explication du titre : la route du kangourou désigne les liaisons aériennes entre le Royaume-Uni et l’Australie, ça date de l’époque où les avions faisaient plusieurs escales entre les deux pays.
  • Ah bin tiens finalement j’ai parlé de l’Australie.
  • la petite carte qui va bien juste dessous
 
 

« « Un Bullitt, des dunes, des fleurs, une glace.|

7 Responses to La cyclo du kangourou

  1. Floflo

    Belle performance ! bravo et encore une fois un récit plaisant à lire !

  2. Serge

    Un grand Bravo à notre valeureux cycliste !
    Il va pouvoir s’attaquer aux grands cols alpins.

  3. Julia

    Toujours un plaisir de lire tes / vos aventures (la tienne était plus dure il faut bien l’avouer cette fois !!).
    Oui on se pose la même question : quel sera le prochain défi ?????

  4. Renee

    Bravo !
    Ta maman est très fière de toi ! C’est bien d’avoir des défis dans la vie !

  5. Emmanuelle

    Prochain défi : le tour de France !

  6. GAL

    Whaou, bravo, quelle performance!! Petit lait peut être fier de son papa!
    Bisous
    Laure

  7. Niko

    Belle performance ! Bravo!!!
    J’espère que Mirabelle t’a laissé quelques cookies à l’arrivée 😉
    Pour ce qui est de mon don d’ubiquité… j’y travail toujours mais c’est pas facile! Apres mes performance au tour de France de ces dernières années, j’ai récemment appris avoir écrit un livre sur le djihadisme… et maintenant encore un magasin dans les Ardennes!… ça m’épuise, je vais retourner me coucher tient! 😉
    Bises à tous les 3!
    Nicolas

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