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Découverte des Frises

Posted by on 19 mai 2015

En ce mois de mai plein de week-ends à rallonge, nous profitons de l’Ascension pour monter un peu plus haut, nous aussi : direction les Frises.

Première question, c’est quoi les Frises ?

Eh bien, les Frises sont une des provinces des Pays-Bas, dans le nord du pays. C’est beaucoup plus la cambrousse que par chez nous.

À noter que les Frises sont aussi le lieu de la Elfstedentocht, littéralement Le tour des onze villes. En hiver, quand il fait assez froid et que les canaux sont suffisamment gelés, une course de patin à glace d’environ 240km est organisée, elle relie onze villes des Frises. C’est un événement ultra populaire, quand ça a lieu tout le pays s’arrête et a les yeux rivés sur les Frises. La dernière édition a eu lieu en 1997. Sachez que lors de l’édition de 1986, le roi Willem-Alexander y a participé, en s’inscrivant sous un pseudonyme.

Il y a aussi la Fietselfstedentocht, une course cycliste qui relie également ces mêmes villes, et qui a lieu chaque année puisque les vélos prennent la route et pas les canaux gelés. Ce qui nous amène à la…

Deuxième question : que faire dans les Frises pendant un week-end de quatre jours ? Du vélo, bien sûr !

Nous partons donc jeudi après-midi de chez nous, vélo sur le toit, remorque et sacoches dans le coffre, pour la ville de Leeuwarden. Ce sera le départ et l’arrivée de notre Tour des Frises.

Bazar

Bazar

À Leeuwarden, nous dormons chez Kasia et Dolf, rencontrés via airbnb, et vendredi matin, nous laissons la voiture et partons sur notre tandem avec la remorque derrière.

Kasia est polonaise et travaille dans un restaurant. Elle donne aussi des cours de polonais à des Néerlandais, et des cours de néerlandais à des Polonais qui viennent s’installer dans le coin : difficile, dit-elle, de trouver un travail dans les Frises quand on ne parle pas néerlandais, c’est une région très agricole, avec peu d’industries. Dolf travaille de la maison.

Quand nous arrivons à Leeuwarden, c’est lui qui nous accueille car Kasia travaille et elle va rentrer tard. Comme nous dormons dans une chambre adjacente à la leur, nous le rassurons sur l’heure de lever de notre fils : autour de 7h. Bien sûr, le lendemain PetitLait se met à babiller vers 6h, et impossible de le rendormir. Nous descendons donc au salon pour le faire jouer, et préparer le petit déjeuner.

Un peu plus tard, Kasia nous rejoint, nous discutons un peu, puis préparons nos affaires, le vélo, et c’est parti !

Premier jour : Leeuwarden – Joure

Distance : 59, 93km
Vitesse moyenne : 16,05km/h
Temps sur le vélo: 3h44

Départ vers 10h(1), après une halte au supermarché (2), nous quittons rapidement la ville et nous retrouvons sur une route au milieu de fermes. Chez nous, quand on fait 4-5km au milieu des fermes, on arrive généralement à un village ou une autoroute. Ici, après 4-5km au milieu des fermes, on a encore 4-5km au milieu des fermes, et ainsi de suite. Ma coéquipière me fait remarquer que les fermes sont propres et bien rangées, en France c’est souvent un gros foutoir avec des carcasses de voitures qui rouillent. Ça doit être un peu pour les mêmes raisons que les maisons sont propres et bien rangées, enfin vu de la rue quand on regarde chez les gens.

On arrive à un bac pour traverser un canal, c’est un grand-père qui montre à ses petits-enfants le métier : la petite fille vend les tickets et le petit garçon manœuvre le bac. On débarque.

PetitLait passe le bac

PetitLait passe le bac

Quelques kilomètres sur du chemin en gravier, puis on s’arrête à une table de pique-nique. Le soleil apparaît mais le vent est frais, donc on ne s’attarde pas. Au menu, reste du ravitaillement de ce matin et cake ramené de la maison.

Arrêt miam

Arrêt miam

Encore un bac, un bout de forêt, puis une zone agricole. Au bout, un troisième canal à traverser… mais ici le bac est en panne, il faut attendre le réparateur. Une demie-heure plus tard, il arrive, nous pouvons traverser.

Selfie de casque

Selfie de casque

Quelques kilomètres plus loin, rebelote : nouveau bac, on le voit amarré à l’autre rive, il ne bouge pas. Des gens descendent dans ce qui ressemble à la cale. Des cyclistes arrivent au bac puis font demi-tour : ça sent pas bien bon. Repartir dans l’autre sens est impossible, ça nous ferait faire un détour énorme. Au bout de trois quarts d’heure, un bac beaucoup plus petit passe par là et nous fait traverser. Avec tout ça on a fait seulement 5km en 1h30 ; mais on a profité de la panne pour prendre le goûter et jouer un peu avec PetitLait.

Atom heart mother (utilisez google pour savoir de quoi je parle)

Atom heart mother (utilisez google pour savoir de quoi je parle)

De l’autre côté il n’y aura plus de bacs, juste des ponts qui se lèvent pour laisser passer les bateaux. On passe par Grou (c’est rigolo comme nom), pas de pause car la journée est bien avancée et il faut encore s’occuper de PetitLait à l’arrivée.

Une cigogne se balade

Une cigogne se balade

Enfin nous arrivons à Joure (encore un nom rigolo) et au B&B que Mirabelle a réservé : on va donc passer la nuit à Joure (3) 😀 Le propriétaire nous accueille chaleureusement, c’est très beau. La douche nous fait du bien, puis nous partons au restaurant, où PetitLait vide son biberon en un éclair. Puis nous rentrons nous coucher, dans notre lit-clos.

On n'a pas fait notre lit, c'est vilain !

On n’a pas fait notre lit, c’est vilain !

Deuxième jour : Joure – Makkum

Distance : 44,09km
Vitesse moyenne : 12,35km/h
Temps sur le vélo: 3h34

Nous repartons avec un léger vent de face, et sous une pluie fine qui est supposée s’arrêter rapidement. Notre chemin passe par une zone un peu touristique, au bord d’un lac. Il y a un petit village de vacances, des campings, mobil-homes, un petit port de plaisance… et plein de voitures immatriculées en Allemagne. C’est forcément avec appréhension que nous prenons deux fois le bac ; mais heureusement, aujourd’hui, sans aucun souci.

Après une douzaine de kilomètres, pause : la pluie n’a manifestement pas pris la météo ce matin, non seulement elle n’a pas cessé, mais elle est aussi de moins en moins fine. Au bout d’une heure, mon t-shirt et ma veste sont trempés, je me change et enfile une veste de pluie. Bien à l’abri dans sa remorque, PetitLait fait la sieste.

Vue de n'importe où dans les Frises : du vent et une ferme

Vue de n’importe où dans les Frises : du vent et une ferme

Nous longeons ensuite l’autoroute en direction de Sneek, la grande ville la plus proche, où nous prévoyons une halte : avec tout ce qui est tombé, pas question de songer à pique-niquer. Nous laissons le tandem dans la rue et entrons donc dans un restaurant avec la remorque et toutes nos sacoches. On prend plein de place, la remorque trempée inonde le sol, j’en profite pour faire sécher mes gants et mon t-shirt, mais tout cela passe inaperçu grâce à PetitLait qui occupe les gens en leur souriant et en leur faisant coucou avec la main. Je ne sais pas vous, mais moi je le trouve bien élevé ce petit.

Pendant ce temps, la pluie faiblit et le ciel commence à se dégager un peu. Un petit détour par notre supermarché habituel (devinez lequel !!!) nous permet un peu de ravitaillement, puis nous reprenons la route. Il ne pleut plus et c’est bien, mais en revanche on se tape un bon vent de face, c’est fatiguant bien comme il faut et comme on ne dépasse pas 12-13km/h, ce n’est pas très encourageant.

En traversant la ville de Bolsward, on tombe sur une procession de vieux tacots, c’est en fait une Elfstedentocht réservée aux vieilles voitures. Comme quoi ça existe à toutes les sauces, à mon avis un de ces jours ils nous feront une elfstedentocht en caddie de supermarché ou en brouette.

Bonnie & Clyde dans les Frises

Bonnie & Clyde dans les Frises

James Dean

James Dean

Bref, on s’insère au milieu des voitures et les spectateurs nous acclament et nous prennent en photo. La classe, non ?

Proches de l'arrivée

Proches de l’arrivée

Entre Bolsward et Makkum le vent est encore plus fort et encore plus de face. On fait une pause goûter dans un parc à Exmorra, mais la fin est vraiment ardue : on plafonne à 11km/h maximum, ce qui a bien plombé la moyenne de la journée. Deux kilomètres avant la fin, on atteint la côte, ce qui nous permet de ne plus pédaler face au vent. Mais on est contents d’arriver.

Cette nuit on dort dans un hôtel-restaurant, ça tombe bien ça nous évite de ressortir pour chercher à manger. Ce soir aussi on va se coucher tôt.

Troisième jour : Makkum – Leeuwarden

Distance : 59,76km
Vitesse moyenne : 15,97km/h
Temps sur le vélo: 3h44

Ce matin il fait beau, et, contrairement à hier, le vent nous est un peu plus favorable. Nous longeons la mer (sans la voir, puisque nous sommes derrière la digue) jusqu’à la ville portuaire de Harlingen, en passant, ô surprise, par Zurich. Si, si.

Vue inédite de Zurich

Vue inédite de Zurich

Finalement c’est assez surfait. On a traversé la ville en cinq minutes, et il n’y a qu’une seule banque. L’entrée ressemble à un magasin pour touristes, c’est somme toute pas une mauvaise idée pour rentrer avec un sac de billets sans attirer l’attention.

La seule banque de Zurich

La seule banque de Zurich

Mais je vous avoue que j’imaginais cette ville autrement. Et surtout, j’avais dans l’idée qu’elle se trouvait en Suisse. On passe ensuite à proximité de Pingjum, ou se trouve un airbnb qu’on avait contacté sans succès.

La côte : piste cyclable d'un côté de la digue, et la mer de l'autre

La côte : piste cyclable d’un côté de la digue, et la mer de l’autre

Harlingen nous plaît bien davantage, on dirait une sorte de Delft de bord de mer. On est dimanche matin, c’est un peu vide, mais c’est très chouette. À la sortie de la ville, on quitte le bord de mer, et on retrouve alors des champs et des fermes. Finalement, les Frises, ça me fait penser un peu à la Bretagne : région tournée vers la mer mais très agricole à l’intérieur des terres.

Harlingen

Harlingen

Aujourd’hui il fait beau alors c’est pique-nique sur l’herbe dans le petit village de Herbaijum. Au menu, reste de cake, pain et saucisson pour nous, et pour PetitLait, des pâtes aux légumes de chez Ella’s Kitchen avec une Vache qui rit® et un yaourt.

En passant près d’un champ, on se note deux questions à l’attention du frère de Mirabelle :

C'est quoi qui va pousser ?

C’est quoi qui va pousser ?

Comment ça s'appelle cet engin ?

Comment ça s’appelle cet engin ?

À ce stade, vous vous direz sans doute, avec Pingjum, Herbaijum, que les localités des Frises ont des noms un peu bizarres, et vous aurez raison. On dirait les noms des garnisons romaines  dans Astérix ! Enfin je persifle, on est aussi passés à Ritsumazijl aujourd’hui, ça fait pas nom de médicament ça ?

Il y a même, pas loin de notre chemin, une ville qui s’appelle Tzum. J’imagine ce que ça doit être :

– Alors comme ça, tu habites où ?
À Tzum.
À tes souhaits ! C’est vrai qu’il fait encore un peu frais pour la saison… Et donc, tu habites où ?
À Tzum.
Tu veux un paracétamol ?

Pour rejoindre Leeuwarden, nous nous autorisons un petit raccourci qui nous fait gagner 4km. On aura déjà un kilométrage honorable pour aujourd’hui, ça nous évite une portion avec du vent de face, et puis on a encore presque deux heures de voiture pour rentrer à La Haye.

Eh oui, on arrive presque au bout du récit. Et pourtant, il manque quelque chose, vous ne trouvez pas ? Allez, la voilà :

Traditionnelle photo de moulin

Traditionnelle photo de moulin

Sur la fin, nous nous perdons un peu dans Leeuwarden. Un énorme tracteur traverse la ville : c’est tellement agricole les Frises que même en ville il y a des tracteurs.

Tractosaure

Tractosaure

Nous arrivons enfin à la voiture. Elle nous attend sagement. Nous rangeons tout vite fait, je monte dire au revoir à Kasia, qui est contente de nous voir revenus, et nous souhaite bonne chance pour notre voyage à venir.

L’autoroute vers Amsterdam longe la route que nous avons suivie aujourd’hui. Des panneaux indiquent des villes que nous avons traversées, je reconnais parfois les pistes que nous avons empruntées, les endroits où nous nous sommes arrêtés. C’est étrange de voir le paysage défiler si vite.

Voilà c’est fini ! Comme d’hab, une jolie carte :

Route 3 036 613 – powered by www.bikemap.net

 

Un mot sur notre itinéraire :
Le parcours de la Fietselfstedentocht, version cycliste de la course de patin à glace, était ce qui nous attirait dans les Frises. Évidemment, impensable pour nous de faire 240km en une journée, nous avions donc prévu de le faire sur plusieurs jours. Néanmoins, week-end de l’Ascension oblige, difficile de trouver à se loger ; par ailleurs, nous n’avions que trois jours à notre disposition. Nous avons donc dû raccourcir et adapter notre parcours.

(1) Alors que je finis de préparer le tandem, un machin™ (vous savez ce que c’est) passe juste à côté de nous et s’arrête au milieu de la route sans raison apparente, puis repart. On va finir par en tirer des conclusions.

(2) Cette fois c’est un Jumbo. C’est fou les trucs qui nous arrivent !

(3) On nous fait savoir que Joure se prononce « Youré », j’espère que dans les Visiteurs 3 ils mettront leur blague… à jour 😀 😀 😀

Maintenant c’est à vous de jouer, car une question nous taraude la cervelle et nous empêche de dormir : nos lecteurs ont-ils déjà dormi dans un lit-clos ? Répondez pleaaase on veut récupérer notre sommeil !!!

Accessoirement, notre quiz agricole est toujours ouvert, si vous avez les réponses on voudrait bien les connaître. Pour le coup ça nous intéresse vraiment 😀

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6 Responses to Découverte des Frises

  1. genevieve

    Je n’ai jamais dormi dans un lit- clos mais ca doit être sympa.

    Super les randonnées que vous faites. Ca donne envie!!!

  2. Copain à "machin"

    Il se passe vraiment un truc avec machin quand même !

  3. Serge

    Belle découverte ! Belles photos ! On aurait cependant aimé voir Joure de nuit.
    Pour le quizz agricole, aucune idée…
    Petite suggestion en passant : vous devriez mettre des lunettes de soleil à PetitLait.
    Bises

  4. Génépi

    J’ai eu des infos sur les lit-clos. Il y en avait aussi dans les chalets d’alpage en Savoie, et en patois ça s’appelle des cabuches.

  5. Elise

    Nous on avait un lit clos dans le salon, il venait de Bretagne. Il était plein de livres, et on n’a jamais dormi dedans : ce n’était que des histoires à dormir debout !!

  6. tonton Yves

    Bravo !
    ça c’est de la balade !

    Je vois que petit-lait ne vous empêche pas de pédaler !
    Heureusement que les pays bas, c’est bas et plat !

    Bises

    Yves

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